Le règlement 3118/93 du 25 octobre 1993 modifié définit
le cabotage comme un transportpublic routier de marchandises, effectué
par une entreprise d’un État membre à titre tem-poraire,
dans un autre État membre sans y disposer d’un siège ou d’un
établissement.Le cabotage permet à un transporteur d’un État
membre de l’UE, titulaire de la licence com-munautaire, de réaliser
des transports intérieurs sur le territoire d’un autre État
membre(ex.: un transporteur allemand peut effectuer un transport Paris-Rennes).
Pour effectuer un transport de cabotage, il faut donc être titulaire
d’une licence communautaire et, exercer cette activité sur le territoire
d’un autre État membre de façon nonpermanente.
L’exécution des transports de cabotage est soumise, dans un
certain nombre de domaines, aux dispositions législatives, règlementaires
et administratives en vigueur dans l’Étatmembre d’accueil.
L’entreprise qui effectue un transport de cabotage doit:
- s’acquitter de la TVA applicable aux services de
transport routier. La lettre de voiture doit mentionner le numéro
d’enregistrement de l’entreprise au centre des impôts recette des
Entreprises Étrangères.
- respecter les règles relatives: aux poids
et dimensions des véhicules, au transport de certaines catégories
de marchandises, aux temps de conduite et de repos, aux prix et aux conditions
régissant le contrat.
COMMISSION DES COMMUNAUTÉS EUROPÉENNES
Bruxelles, le
C (2004) XXX
COMMUNICATION
INTERPRETATIVE DE LA COMMISSION
sur le caractère temporaire du cabotage routier dans le transport
de marchandises
http://europa.eu.int/comm/transport/road/policy/marketaccess/roadhaulage/doc/18612-fr.pdf
L’article premier du Règlement (CEE) n° 3118/93 du Conseil stipule que tout transporteur de marchandises par route pour compte d’autrui qui est titulaire de la licence communautaire prévue au règlement (CEE) n° 881/92 est admis, aux conditions fixées dans le présent règlement, à effectuer à titre temporaire, des transports nationaux de marchandises par route pour compte d’autrui dans un autre Etat membre, sans y disposer d’un siège ou d’un autre établissement.
Coincé à la douane pour cabotage interdit
Un père aide sa fille à déménager
en France. Sone camion est suisse. Amendé.
"Vous
n'aviez pas le droit. Vous ariez pu l'aider à déménager
de Genève à Gaillard,
mais
pas de Gaillard à La Roche-sur-Foron", le douanier français
Michel Eggs
Sa mésaventure à la douane de Bardonnex,
un père de famille domicilié dans le canton de Fribourg n’est
pas près de l’oublier. Venu donner un coup de main à sa fille
contrainte de déménager ses affaires d’un studio à
Gaillard jusqu’au domicile de sa sœur à La Roche-sur-Foron, il a
été interpellé à la douane française
alors qu’il rentrait en Suisse. Sanction: une amende qui lui reste en travers
de la gorge mais que le douanier, certes un brin zélé, était
parfaitement en droit d’infliger, aussi bizarre que cela puisse paraître.
Une jeune chômeuse, binationale franco-suisse,
doit quitter le studio qu’elle loue dans l’agglomération annemassienne.
Comme elle ne roule pas sur l’or, elle sollicite son père, propriétaire
d’un camion immatriculé à Fribourg, pour déménager
ses affaires personnelles que sa sœur accepte d’entreposer dans le logement
qu’elle occupe à La Roche-sur-Foron, à quelques kilomètres
de Gaillard.
L’opération est rapidement réalisée,
un samedi de janvier. Le père débarque avec son véhicule,
charge un lit à une place, un fauteuil, un clic-clac, une table,
deux chaises, une étagère, des vêtements et un peu
de vaisselle, et transporte le tout à La Roche avant de reprendre
le chemin de la Suisse, dans son camion vide.
«Vous n’aviez pas le droit!»
Passé inaperçu à l’aller, le
véhicule de notre compatriote intrigue, lors du retour, un douanier
français en poste à Bardonnex. Interrogé sur sa provenance,
le père déménageur parle du coup de pouce donné
à sa fille. Réplique du douanier: «Vous n’aviez pas
le droit. Vous auriez pu l’aider à déménager avec
votre camion de Genève à Gaillard, mais pas de Gaillard à
La
Roche-sur-Foron.» Et d’expliquer que le Fribourgeois aurait été
refoulé s’il avait annoncé le but de son déplacement
en France au moment de franchir la frontière. Comme le déménagement
a été réalisé, il y a eu infraction que le
douanier propose de régler à l’amiable, sous la forme d’une
amende de 150 euros.
Eberlué et impressionné par la détermination
du douanier, le déménageur d’un jour paie; non sans rentrer
au pays avec un sentiment d’injustice.
Abus d’autorité de la part du douanier français?
S’il y a eu abus, c’est de zèle uniquement. Formellement, en effet,
le déménageur s’est rendu coupable de détournement
de marchandise non prohibée (le véhicule) de sa destination
privilégiée.
Explication: lorsqu’une personne entre, au volant
d’un véhicule immatriculé en Suisse, sur le territoire français
ou de tout autre Etat membre de l’Union européenne, elle bénéficie
d’une importation en franchise temporaire. Mais, pour cela, le véhicule
concerné ne doit être utilisé qu’à des fins
touristiques. Tout autre usage constitue un «détournement
de destination
privilégiée».
Bilatérales
En aidant sa fille, le père a fait du cabotage,
transportant des marchandises d’un point à un autre de l’Hexagone.
Or, le droit au cabotage, Berne ne l’a négocié dans les accords
bilatéraux avec l’Union européenne que pour le transport
aérien, pour les beaux yeux de Swissair à l’époque.
Pour effectuer un transport entre Gaillard et La
Roche-sur-Foron, il faut soit opérer avec un véhicule immatriculé
dans un pays de l’UE, soit obtenir une autorisation préalable délivrée
par la direction de l’Equipement!
A la direction des Douanes du Léman, on admet
que le «dépannage» réalisé par le père
de la chômeuse n’est pas de nature à déstabiliser la
filière transport. Si le propriétaire du camion helvétique,
manifestement de bonne foi, se fend d’une lettre expliquant la situation,
il a des chances de voir les Douanes reconsidérer la sanction prise.
Reste que, tant que la Suisse
continue à bouder l’UE, le passage de la frontière est
soumis à des règles que les usagers ont intérêt
à connaître s’ils veulent éviter des mésaventures
de ce type…
Tribune de Genève
27 février 2006
Cabotage? Mon oeil!
(Coincé à la douane pour avoir aidé sa fille à
déménager en France, TdG 18-19.2.06)
Anton Keller
Elle n'est certes pas porteuse de revenus supplémentaires,
de visions et d'espoir, cette nouvelle preuve de méconnaissance
ou mépris des racines, des coutumes et du droit formel dans notre
voisinage frontalier (même selon les règles de l'UE, il peut
y avoir cabotage seulement "pour compte d’autrui": www.solami.com/cabotage.htm).
Et depuis le vote des français sur la Constitution européenne,
nous continuons notre ronron sur une route dangereusement glissante. Reste
à espérer que cette amende de 150 euro pour un délit
inexistant servira à reveiller nos dirigeants ici et là pour
redécouvrir en temps les zones franches et leur véritable
portée et potentiel pour l'économie de la France toute entière,
ainsi que pour l'avenir de Genève notamment (.../regiogenevensis.htm).
Car depuis 1603, contre vents et marées, des Genevois méritants
ont su garder en vigueur des traités internationaux qui préconisent
qu'il existe à Genève et dans ses zones voisines la liberté
de commerce intégrale (.../zonesfranches.htm).
Dans un Europe en manque de légitimation
démocratique, saturée des règlements étouffants,
et en perte de vitesse, les investisseurs des technologies du futur pourraient
donc trouver dans cette "Silicon Valley d'Europe" toutes les libertés
nécessaires pour leur épanouissement et réussite (.../a2.htm).
Sources de richesses pour les individuels, entreprises et communes concernés,
ces anciennes libertés ont été sauvées de justesse
par le vote français contre la Constitution européenne. Car
le Traité de Rome de 1957 est donc maintenu, et selon un
de ces articles clés, ces anciens traités et libertés
priment, nonobstant tous contraires diktats de Bruxelles. A condition,
bien sûr, qu'à Genève, Bercy et ailleurs, les visionnaires
et les iconoclastes ne soient pas écartés par les adepts
du "politiquement correct."