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20.Dec 06
Property boom tests Swiss:French relations,
nzz.ch, Swissinfo, Adam Beaumont
26 juin 06
Une
fonctionnaire genevoise perd son bras de fer contre les douanes françaises,
Tribune de Genève, Michel Eggs
4 mai 06
Arrêt
de la Cour de Cassation de Paris
27 fév 06 Cabotage?
Mon Oeil!, Tribune de Genève, Anton Keller, commentaire
18 fév 06 Coincé
à la douane pour cabotage interdit, Tribune de Genève,
Michel Eggs
Et si Genève était appelée à
devenir le centre d'une métropole française?
Entre France et Suisse, la naissance d'une agglomération
transfrontalière
Confoederatio
Europae
Erreur
de droit? (texte d'un illuminati anonyme, tamponé à Hermance
le 21 juin 2005)
Arrêt
de la Cour d'Appel de Chambéry du 21.7.05, réformant
"en
toutes ses dispositions le jugement du tribunal
de police de Saint-Julien-en-Genevois"
du 14.3.05, comme il l'a fait pour celui du 17.1.05
La justice française
rétablit les douaniers à la frontière
Quo
Vadis Europa Helvetica? De-Rusting and Revving-Up the Wheel - or Re-Inventing
It?
Plan
B, B comme Briand - points essentiels - Qu'une
footnote historique?
Assises
de la Confédération européenne
Les douanes françaises
veulent réécrire l'histoire
Zone franche: les douaniers
français jouent gros
Un plaidoyer en faveur
d'une politique industrielle forte
Thierry Breton lance le
plan antidélocalisations - 35 zones concernées
par les aides
When
Thierry Breton's Dream Turned Sour
Les douaniers chassés
hors de la zone franche!
L’héritage de
l’Histoire
Une zone pas franche du tout!
Arrêt du Tribunal:
"la nullité de la procédure découlant
du lieu de contrôle [zone franche]",
"contrebande, importation,
exportation sans declaration de marchandise non prohibée ou fortement
taxée"
Genève
et les zones environnantes
LES
ZONES FRANCHES EN EUROPE
QUELQUES
TRAITES D'ACTUALITE CONCLUS PAR LA FRANCE
Zum
Bilateralen Vertragsnetz der Schweiz & der EU-Staaten
Postulat
Stähelin
Messieurs les gabelous français, vous n’avez
pas le droit de procéder à un contrôle douanier dans
toute la zone franche (voir infographie) qui entoure Genève. Vous
n’avez même pas le droit de vous y trouver si votre présence
est de nature à nuire au bon fonctionnement de cette zone unique
en son genre. Et, pour couronner le tout, vous n’êtes pas autorisés
à percevoir la TVA (taxe sur la valeur ajoutée) à
l’intérieur de ce périmètre. Propos d’un utopiste
rêvant de vivre dans une grande région genevoise qui ne connaîtrait
plus de frontière? Pas le moins du monde. C’est la justice française
qui le dit, noir sur blanc, dans un jugement rendu
par le Tribunal d’instance de Saint-Julien-en-Genevois.
En engageant une épreuve de force devant
la justice pénale, dans l’espoir d’entériner une pratique
courante dans la région, les Douanes françaises se sont fait
en quelque sorte hara-kiri: la justice leur rappelle qu’au fil des années
les douaniers ont contourné les traités internationaux datant
de l’entrée de Genève dans la Confédération.
Pas question d’oublier l’Histoire et de fouler aux pieds des accords toujours
en vigueur, dit en substance la présidente du tribunal, Joëlle Beylard-Ozeroff.
Voiture genevoise visée
A l’origine de ce jugement «explosif»,
une poursuite engagée par l’Administration française des
Douanes à l’encontre d’une Genevoise propriétaire d’une résidence
secondaire dans la zone franche. Le 30 avril 2003, celle-ci est verbalisée
au point de passage du «Pas de l’Echelle», à Etrembières,
au volant de sa voiture immatriculée à Genève. Elle
est poursuivie pour importation sans déclaration de marchandise
(véhicule) fortement taxée: les Douanes considèrent
que la propriété est une résidence principale «déguisée»
en secondaire et entendent obtenir le paiement de droits de douane (environ
10% de la valeur de la voiture) et de la TVA (19,6%).
La personne concernée ne se laisse pas intimider.
Elle s’entoure des conseils d’un spécialiste du droit international,
Me Arnaud Bastid, avocat au Barreau de Bonneville et membre de Regio Consult.
Lorsque le conseil de la prévenue rappelle
l’existence de la zone franche, l’Administration des Douanes laisse tomber
sa réclamation de taxe douanière. Sur la TVA, par contre,
elle ne démord pas, et elle cite le propriétaire de la voiture
genevoise à comparaître devant le Tribunal d’instance de Saint-Julien.
Me Bastid plaide la relaxe au nom du respect des traités internationaux.
Tant la Direction des douanes du Léman que le Ministère public,
représenté par Serge Billet, réclament la condamnation
de la prévenue genevoise.
Enjeu capital
La présidente du tribunal est bien consciente
de l’enjeu: depuis des décennies, des gens font l’objet de contrôles
douaniers lorsqu’ils passent la frontière entre la Suisse et la
France et sont taxés pour les marchandises qu’ils importent. Et
la perception de la TVA représente des sommes colossales. Joëlle
Beylard-Ozeroff, ancien substitut du procureur de Bonneville, s’accorde
sept semaines de réflexion. Son jugement vient de tomber: la personne
prévenue est relaxée, la procédure initiée
contre elle étant déclarée nulle.
Dans ses considérants, le tribunal donne
raison à Me Bastid sur toute la ligne. «Il apparaît
que le contrôle a eu lieu en zone franche (…) L’arrêt du 7
juin 1932 de la Cour permanente de Justice internationale de La Haye (réd.
Voir ci-dessous) visant de telles zones prévoit que tout contrôle
douanier ainsi que la présence des membres de cette administration
sur cette zone qui pourrait nuire à son bon fonctionnement est prohibé»,
note la présidente du tribunal. Celle-ci rappelle que l’Etat français
peut néanmoins percevoir, à la frontière politique,
des droits fiscaux n’ayant pas le caractère de droits de douane.
Or, poursuit-elle, en verbalisant le propriétaire du véhicule,
les agents entendaient recouvrer des droits de douane et non seulement
des droits fiscaux.
Enfin et surtout, la présidente du tribunal
souligne: «Il apparaît de surcroît que la TVA réclamée
est, en l’espèce, une taxe d’effet équivalent à une
taxe douanière qui ne peut donc être perçue en zone
franche par l’Administration des Douanes.» Elle conclut que «la
verbalisation de la prévenue s’est ainsi faite en contradiction
avec les dispositions internationales du Traité de Turin de 1816
reprises par l’arrêt de la Cour de La Haye directement applicable
en droit français».
Les Douanes font appel
Conséquence pratique de ce jugement: la présence
des Douanes françaises en zone franche est illégale et toute
personne verbalisée par cette administration dans cette zone est
fondée à contester cette verbalisation et à obtenir,
dans les trois ans, son remboursement. En d’autres termes, en zone franche,
seuls des contrôles policiers et fiscaux peuvent s’opérer
à la frontière politique; les contrôles douaniers,
eux, ne peuvent s’exercer qu’à la frontière de la zone! Le
jugement du Tribunal de Saint-Julien est à ce point explosif que
les Douanes ont aussitôt fait appel, espérant obtenir une
autre interprétation de l’Histoire et des traités internationaux.
C’est que «l’arrêt de Saint-Julien» complique sérieusement
la tâche de l’Administration française, pour ne pas dire qu’elle
la rend impossible: elle ne dispose, en effet, pas d’autre corps que les
douaniers pour effectuer les contrôles fiscaux!
La zone
franche qui entoure Genève est unique sur le territoire de l’Union
européenne et elle est devenue au fil du temps un casse-tête
dont Paris comme Bruxelles aimeraient bien se débarrasser.
C’est en 1775 que les Gessiens obtinrent du roi
Louis XVI le premier statut de zone franche leur permettant de commercialiser
librement avec Genève, la Savoie et l’Etat de Berne. Remis en cause
par la Révolution, ce statut fut supprimé en 1792. Six ans
plus tard, Genève est rattaché à la France, devenant
le chef-lieu du département du Léman. Pas pour longtemps:
la frontière est redessinée en 1815 lorsque Genève
entre dans la Confédération et récupère six
communes françaises (Versoix, Preny-Chambésy, Collex-Bossy,
Grand-Saconnex, Meyrin et Vernier). Pour assurer son approvisionnement
grâce à la libre importation des produits agricoles des régions
voisines, Genève revendique le rétablissement de la zone
franche: le Traité de Paris (1815) établit la zone franche
du Pays-de-Gex (392 km2). Une année plus tard (1816), le Traité
de Turin instaure la zone franche de la Haute-Savoie (151 km2).
La carotte pour les Savoyards
La zone franche va s’agrandir encore en 1860: pour
encourager la Savoie à devenir française, Napoléon
III lui propose d’étendre la zone franche à son territoire
(3122 km2). Contrairement aux zones de 1815 et de 1816 établies
par décision internationale, celle de 1860 était une concession
unilatérale accordée aux Savoyards. Paris put donc supprimer
cette dernière en 1919 à l’occasion du Traité de Versailles
qui contenait, entre autres, un article stipulant que Suisse et France
chercheraient à s’entendre sur un nouveau statut remplaçant
le système de zones franches. Les négociations, difficiles,
aboutirent à une convention supprimant les zones au profit d’un
système d’échanges commerciaux entre les régions limitrophes.
Convention ratifiée en 1923 mais annulée aussitôt par
le peuple helvétique appelé à donner son avis.
Ire de la France qui rétablit le contrôle
douanier à la frontière politique. Berne s’oppose. Le différend
est porté devant la Cour permanente de justice internationale de
La Haye. Neuf ans et un arrêt de 450 pages plus tard, la France est
condamnée, le 7 juin 1932, à rétablir les zones prévues
par les traités de 1815 et de 1816! Ce sont précisément
ces trois textes, toujours d’actualité, qui ont fondé le
jugement du Tribunal d’instance de Saint-Julien.
A part empoisonner la vie des Douanes françaises,
les zones franches ont un impact économique certes, mais pas démesuré.
Les produits agricoles, les minéraux bruts, le gibier et le poisson
provenant des zones franches peuvent entrer en Suisse en franchise de tout
droit de douane et en quantité illimitée. Sont exempts de
droits de douane mais limités en quantité, par contre, les
produits fabriqués ou manufacturés provenant d’entreprises
implantées dans les zones franches. Inversement, les produits
entrant dans les zones franches à partir de Genève sont exonérés
de droits douaniers.
Petite idée chiffrée: en l’an 2000,
la Suisse a importé de la zone franche pour un peu plus de 30,2
millions d’euros de marchandises (75% de produits agricoles). Le flux en
sens inverse représentait 1,1 million d’euros, dont 100 000 euros
pour les véhicules. (me)
Jean-Noël Cuénod
Ça va chauffer sous
les képis! Les douaniers français ne devront plus opérer
au sein de la fameuse zone franche qui borde Genève. Ainsi en a
décidé le Tribunal d'instance de Saint-Julien.
Que les frontaliers genevois,
gessiens et savoyards, unis dans la même grogne, ne se réjouissent
pas trop vite. L'affaire doit encore monter à l'étage
supérieur: la Cour d'appel de Chambéry.
Mais d'ores et déjà,
cette décision de la justice française qui donne tort à
sa propre administration va réveiller des problèmes du style
casse-tête qui, pour franco-genevois qu'ils soient, n'en demeurent
pas moins particulièrement chinois!
Car malgré leur nom,
ces zones sont tout sauf franches! Elles suivent un tracé dont la
sinuosité tient du slalom très spécial. On ne sait
pas très bien où l'on est. Ce n'est certes plus Genève.
Mais on ne saurait prétendre que ce territoire est 100% hexagonal.
Tout cela restait dans un
flou que des décennies de fonctionnaires français et genevois
ont prudemment évité de dissiper.
Alors, quelle mouche bureaucratique
a-t-elle piqué les Douanes voisines pour qu'elles poursuivent en
justice une citoyenne genevoise assise, si l'on ose dire, entre deux frontières?
Voulaient-elles faire un exemple
en frappant ces faux frontaliers helvètes qui, par milliers, veulent
jouer sur les deux tableaux? On sait que nous autres Suisses savons fort
bien obtenir le beurre, l'argent du beurre et même les bontés
de la crémière. Et cela agace au plus haut point le fonctionnaire
jacobin.
Ou alors l'administration
voisine a-t-elle choisi cette affaire pour affirmer, une fois pour toutes,
ses droits sur la totalité du territoire de la République?
Force est de constater que,
dans les deux cas, c'est raté. Et les Douanes françaises
ont marqué un splendide autogoal.
Quelle que soit la décision
d'appel, la question des zones, que les deux pays avaient glissée
sous le tapis, réapparaît en pleine lumière. Comme
désormais, le cas doit être examiné nonseulement à
Genève, Berne et Paris mais encore à Bruxelles, on mesure
à quel point nous ne sommes pas sortis de l'auberge frontalière!
Tout de même, nous vivons
dans une bienheureuse région. Sous d'autres latitudes, on s'étripe
pour de pareils conflits. Chez nous, ils donnent du travail à la
justice et font rigoler dans les bistrots!
TRIBUNAL D'INSTANCE DE SAINT-JULIEN-EN-GENEVOIS
Greffe Permanent - 20 Rue Léandre Vaillat - B.P.71 - 74102 ANNEMASSE
Cedex
Jugement N° 05/00002
AUDIENCE DU 17 janvier 2005
En presence
du MINISTÈRE PUBLIC
LA DIRECTION RÉGIONALE DES DOUANES DU LEMAN
C/
XY
Contradictoire
Republique Française au nom du Peuple Français
JUGEMENT 17janvier 2005
5èmeCLASSE
TRIBUNAL DE POLICE de ST JULIEN EN GENEVOIS,
Hôtel de Ville - 74160 SAINT-JULIEN-EN-GENEVOIS
ainsi constitué:
Président: Joëlle BEYLARD-OZEROFF
Greffier: Pascale DILIBERTO
Ministère Public: Serge BILLET
A rendu en son audience du DIX SEPT JANVIER DEUX MIL CINQ
Le jugement suivant:
ENTRE
Le Minsitère Public, COMPARANT
ET
L‘Administration Régionale des Douanes du LEMAN,
dont le siège est 34, Avenue du Parmelan - 74000 ANNECY
partie poursuivante, représentée à 1'audience
par M. Pierre-Franck JOLY,
agent poursuivant
Poursuivant par citation à prévenu en date du 21 Juillet
2004,
Conformé à l'artiole 368 du Code des Douanes
D'UNEPART;
ET
Relaxe XY
Comparante, en la personne de son conseil Maître BASTID
Arnaud,
avocat au Barreau de BONNEVILLE (S.C.P. BRIFFOD-PUTHOD-BASTID).
Prevenue de:
- CONTREBANDE, IMPORTATION, EXPORTATION SANS DECLARATION
DE MARCHANDISE NON PROHIBEE OU FORTEMENT TAXEE
D'AUTRE PART;
A1'audience de fixation du 29 novembre 2004, 1'huissier a fait l‘appel
de la cause, celle-ci a été contradictoirement mise en déibéré
à l‘audience de ce jour;
Le Greffier a tenu note du déroulement des débats;
Ont été entendus:
- Monsieur Pierre-Franck JOLY, agent poursuivant de la Direction
Regionale des Douanes du LEMAN, en sa demande de partie poursuivante;
- Me BASTID en plaidoirie;
Et le Tribunal a ainsi statué:
Attendu que Madame XY est poursuivie pour avoir à ETREMBERES
(74) le 30 Avril 2003, avec le véhicule immatriculé GE 136545
commis l‘infraction suivante:
- CONTREBANDE, IMPORTATION, EXPORTATION SANS DECLARATION
DE MARCHANDISE NON PROHIBEE OU FORTEMENT TAXEE
Contravention prévue par les articles 412 1°, 417 du Code
des douanes
et reprimée par l‘article 412 du Code des douanes.
Attendu que Madame XY est represented à l'audience par son conseil,
qu'il convient de statuer contradictoirement à son encontre;
- Sur la prescription de l‘action
L'Administration des Douanes poursuit Madame
XY du chef d'une infraction douanière qualifiée de contravention.
L‘article 351 du Code des Douanes permet à
l'Administration d'exercer son action en répression des infractions
douanieres, qu‘il s'agisse de délits ou de contraventions, comme
en matiere de délit de droit commun dans un délais de trois
ans.
Madame XY a été verbalisée
le 30 avril 2003, l'acte de poursuite date du 21 juillet 2004, l'infraction
poursuivie n'est done pas prescrite.
- Sur la nullité de la procédure pour
non respect de l‘article 338 du Code des Douanes
L'article 338 du Code des Douanes prévoit
que les formalités prévues par les articles 325 et 326 du.Code.des
Douanes sont prescrites à peine de nullite.
Ces dispositions concernent la saisie de marchandises,
leur violation ne pourraient donc qu'entraîner la nullité
de la saisie concernée et non la nullité de l‘ensemble de
la procedure.
En l'espèce, Madame XY à été
verbalisée pour importation sans déclaration de marchandise
forternent taxée, il s'agit en realité d'une importation
de marchandise ni prohibée, ni.fortement taxée.
La saisie de son véhicule repose sur
la constatation d'une importation sans déclaration et était
possible que la marchandise soit ou non fortement taxée, elle est
fondée et le fait que la qualification juridique exacte de l‘infraction
n'ait pas été portée à la connaissance de la
prévenue est sans incidence sur la validité de cette saisie.
De la meme façon, la prévenue
ne peut valablement soutenir la nullité de la procedure au motif
que l‘offre de mainlevée prévue à l‘article 326 du
Code des Douanes ne lui a pas été faite dans la mesure où
cet article ne vise que les moyens de transport des marchandises prohibées
alors qu'en l‘espèce le véhicule constitue la marchandise
de fraude et ne peut donc bénéficier de ces dispositions.
- Sur la nullité de la
procédure découlant du lieu de contrôle
L'alinéa 2
de l‘article 338 du Code des Douanes prévoit qu'est nulle et de
nul effet toute saisie de marchandise non prohibée à l'importation
ou non fortement taxée qui aurait dépassé un bureau
de douanes sur la façade duquel le tableau prévu à
l'article 48 du Code des Douanes n'aurait pas été apposé.
En l'espèce,
le contrôle n'a pas eu lieu à un bureau de douanes mais à
Etrembières au point de passage dit du "Pas de l‘Echelle" qui est
parfois gardé par les brigades d'Annemasse et de Moellesullaz qui
s'y rendent pour effectuer des contrôles aléatoires.
Les dispositions de l'article 338 alinéa 2 du Code des Douanes ne
peuvent donc trouver à s'appliquer au cas d'espèce.
Il apparaît
cependant que le contrôle a eu lieu en zone
franche ce qui n'est pas contesté par l'Administration des Douanes.
L‘arrêt du 7 juin 1932 de la Cour Permanente de Justice Internationale
de la HAYE visant de telles zones prévoit que tout contrôle
douanier ainsi que la présence des membres de cette administration
sur cette zone qui pourrait nuire à son bon fonctionnement est prohibé.
L'Etat français
peut néanmoins percevoir, à la frontière politique,
des droits fiscaux n'ayant pas le caractère de droits de douane.
Pour satisfaire à ces dispositions, il a ainsi été
prevu par les autorités françaises la création en
zone franche d'un service de "contrôle de zone" permettant de dissocier
1'activité douanière de l'activité fiscale seule possible
en zone franche. Le contrôle de Madame XY a précisément
été réalisé au "bureau fiscal" du Pas de l'Echelle.
Il résulte
clairement du Procès-verbal établi à l‘encontre de
Madame XY mais aussi des courriers échangés entre l‘Administration
des Douanes et le conseil de la prévenue qu'en verbalisant cette
dernière, les agents des douanes ont entendu exercer une action
douanière en vue de recouvrer des droits de douane et non seulement
des droits fiscaux, raison pour laquelle ils ont d'ailleurs d'ambler vis[é]
une importation sans déclaration de marchandise fortement taxée.
Ce n'est que lorsque le conseil de la prévenue a mentionné
l'existence d'une zone franche, que l‘Administration des Douanes a accepté
de ne réclamer que le TVA due sur le véhicule concemé.
Il apparaît
de surcroît que la TVA réclamée est en l'espèce
une taxe d'effet équivalent à une taxe douanière qui
ne peut donc être percue en zone franche par l'Administration des
Douanes. La verbalisation de la prévenue s'est ainsi faite
en contradiction avec les dispositions internationales du.traité
de TURIN de 1816 reprises par l'arrêt de la Cour de La HAYE directement
applicable en droit français.
La procédure initiée contre
Madame XY sera en conséquence declarée nulle et la prévenue
relaxée des fins de la poursuite.
Vu les articles 410, 541, 543, du code de procédure pénale
et les articles 4[,] 7, 285, 423 et 421 du Code des Douanes;
PAR CES MOTIFS
Le Tribunal statuant publiquement, contradictoirement et en Premier
ressort, …
Un plaidoyer en faveur d'une politique industrielle forte
Un rapport du député UMP Bernard Carayon plaide pour «une volonté politique forte». II souhaite plus de cohérence entre les outils mis en place.Il faut re-ha-bi-li-ter la politique industrielle. Auteur d'un rapport sur «Les outils de la politique industrielle», adopté hier à l'unanimité par la commission des Finances, de l'Economie générale et du Plan de l'Assemblée, Bernard Carayon plaide pour «une volonté politique forte», que la France doit faire partager avec ses voisins. «L'Union européenne est le champ naturel d'une politique industrielle», écrit le député (UMP) du Tarn. En affichant une «volonté politique sans faille», la France «servira d'aiguillon é l'action communautaire».
«Logique de compétence.»
Parce que la politique industrielle ne peut se résumer
à la création d'agences, le deputé du Tarn propose
la création d'un grand ministère regroupant l'économie,
l'industrie, les PME-PMI, le commerce exterieur, le commerce et l'artisanat.
Le ministere des Finances et du Budget serait alors rattaché au
Premier ministre, «vers lequel remontent de touts manière
les arbitrages budgétaires delicats». Bernard Carayon propose
également la création d'un ministere plein de l'Enseignement
supérieur et de la Recherche.
Dénonçant le saupoudrage des aides,
qui a «trop longtemps été le substitut à une
stratégie industrielle», le député du Tarn estime
que «la logique de compétence doit primer sur la logique de
territoire». Ce qui suppose de selectionner rigoureusement les futurs
pôles de compétitivité, «quelques pôles
seulement auront une dimension mondiale».
Les 3.000 postes de chercheurs dont la création
a été annoncée par le Premier ministre seraient affectés
en priorité aux pôles de compétitivité.
P. G.
Thierry Breton lance le plan antidélocalisations
Le ministre de I'Economie a publié hier la liste des zones industrielles qui bénéficieront du crédit de taxe professionnelle de 1.000 euros par an et par salarié proposé par son prédécesseur à Bercy, Nicolas Sarkozy.La politique, c'est de la communication. C'est en homme instruit de l'exemple donné par Nicolas Sarkozy à Bercy que Thierry Breton a profité, hier, d'un voyage à Arras, l'un des bassins d'emplois les plus touchés par les restructurations industrielles, pour publier les arrêtes definissant les zones d'emploi éligibles aux mesures antidélocalisations votées dans le cadre de la loi de finances pour 2005. Au nom du refus de la «fatalité» des délocalisations, Nicolas Sarkozy avait proposé, à l'automne dernier, la mise en place d'un crédit de taxe professionnelle d'un montant de 1.000 euros par salarié, pour une durée de trois ans. Pour rester compatible avec les sourcilleuses règles de la concurrence européennes, le dispositif avait été plafonné à 100.000 euros par entreprise sur l'ensemble des trois années. Son coût budgétaire devrait représenter cette année entre 300 et 400 millions d'euros. Un montant non negligeable, même s'il est malheureusement peu probable que cette modeste aide fiscale change grand-chose, sinon à la marge, aux décisions de délocaliser ou non une activité...
35 zones concernées par les aides
Sont concernees par les mesures annoncées par le ministre de I'Economie les zones d'emploi ayant à la fois un taux de chômage supérieur de plus de deux points à la moyenne nationale et un taux d'emploi industriel supérieur à 10 %: Dreux (Eure-et-Loir), Le Creusot (Saône-et-Loire), Chauny, Tergnier, La Fère (Aisne), Saint-Quentin (Aisne), la vallée de la Meuse (Ardennes), Lille (Nord), Saint-Dié (Vosges), Sambre, Avesnois (Nord), Lavelanet (Ariège), Montceau-les-Mines (Saône-et-Loire), Roubaix, Tourcoing (Nord), la Thiérache (Aisne), Le Havre (Seine-Maritime), Vierzon (Cher), Aubenas (Ardèche), le Douaisis (Nord), Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), le Boulonnais (Pas-de-Calais), Dunkerque (Nord), le Calaisis (Pas-de-Calais). Sont aussi concernées les zones d'emploi connaissant des restructurations industrielles «risquant d'altérer gravement la situation de l'emploi»: Romorantin (Loir-et-Cher), Montbéliard (Doubs), Troyes (Aube), Lens, Hénin (Pas-de-Calais), Alençon, Argentan (Orne), Angers (Maine-et-Loire), Saint-Omer (Pas-de-Calais), le Choletais (Maine-et-Loire), Roanne (Loire), le Sud-Ouest champenois (Aube et Marne), Belfort (Territoire de Belfort), Remiremont (Vosges), Saint-Claude (Jura), Thiers (Puy-de-Dôme) et Haguenau, Niederbronn (Bas-Rhin).
Zone
franche: les douaniers français jouent gros
Procès
La Cour d'appel de Chambéry doit trancher entre raison d'Etat et
respect des traités historiques. Les contrôles de la douane
volante. Les douaniers ont été littéralement chassés
hors de la zone franche qui entoure Genève par plusieurs jugements
du Tribunal de Saint-Julien.
Chambéry, MICHEL EGGS
Quatre petits mois entre un verdict
de première instance et une audience en appel: la rapidité
de la justice traduit l'importance des affaires à l'ordre du jour,
ce jeudi, de la Cour d'appel de Chambéry. Littéralement chassés
hors de la zone franche qui entoure Genève par plusieurs jugements
du Tribunal de Saint-Julien, les douaniers de l'Hexagone jouent gros.
Le fisc français aussi: ce sont des millions d'euros que percoivent
à nos frontières les gabe-lous. Illégalement, a statué
«la petite juge» de Saint-Julien qui a fondé ses verdicts
sur l'histoire des zones franches. Des jugements que les Douanes françaises
vont contester aujourd'hui dans le Palais de justice de la capitale historique
de la Savoie.
Rappel des faits: l'Administration française
des douanes a engagé plusieurs poursuites à l'encontre de
personnes officiellement domiciliées sur territoire genevois et
disposant d'une résidence secondaire de l'autre côté
de la frontière, celles-ci refusant de règler la TVA (19,6%)
sur les vehicules utilisés pour rejoindre leur pied-à-terre.
Les douaniers considèrent qu'il s'agit de résidences principales
«deguisées» en secondaires.
Les affaires se gâtent
Les affaires se sont gâtées pour
les douaniers lorsqu'ils ont engagé une épreuve de force
devant la justice pénale. Le tribunal compétent (celui de
Saint-Julien-en-Genevois, en l'occurrence) a donné tort aux Douanes
dans les dossiers dont il a été saisi. En substance, la présidente
du tribunal, Joëlle Beylard-Ozeroff, a dit deux choses: tout contrôle
douanier dans la zone franche entourant Genève est interdit et la
présence même de douaniers dans cette zone est prohibée
si elle est de nature à nuire au bon fonctionnement de la zone.
Enfin et surtout: la TVA ne peut être percue en zone franche par
l'Administration des douanes. Et cela en vertu des dispositions du
Traité de Turin (1816) reprises dans un célèbre arrêt
de la Cour permanente de justice Internationale de La Haye (1932).
Conséquence de ces verdicts: toute
personne verbalisée par des douaniers français dans la zone
franche est fondée à contester cette verbalisation et à
obtenir, dans les trois ans, son remboursement. Cette interprétation
du droit rend quasiment impossible la tâche de l'administration française
qui n'a pas, d'autre corps constitué, en dehors des douaniers, pour
effectuer les contrôles fiscaux. D'où l'importance de l'audience
de ce jour: devant la Cour d'appel de Chambéry, les Douanes vont
demander aux juges d'interpréter l'Histoire (Traité de Turin
de 1816 et jugement de la Cour de La Haye de 1932) d'une manière
différente de celle du Tribunal d'instance de Saint-Julien. Une
belle bataille d'historiens et de juristes en perspective.
Les douanes françaises veulent réécrire l'histoire
Tribunal - Dans la ligne de mire des gabelous, les Genevois qui ont des résidences principales «déguisées» en secondaires.
Chambéry
Michel Eggs
Erreurs de droit. C'est ainsi que les Douanes
françaises qualifient deux jugements récents
du Tribunal d'instance de Saint-Julien qui les irritent au plus haut point.
Ce tribunal a relaxé des résidents
genevois, interpellés en zone
franche et poursuivis pour «importation sans déclaration
de marchandise», en l'occurrence les véhicules, immatriculés
à Genève, qu'ils utilisaient pour rejoindre leur résidence
secondaire en Haute-Savoie voisine. Pire encore: en fondant leur verdict
sur les traités instituant les zones franches, les juges ont explicitement
décrété illégaux tout contrôle douanier
dans ces zones, toute présence de gabelous de nature à nuire
à leur bon fonctionnement, et toute perception de la TVA à
l'intérieur de ce périmètre!
Condamner les Genevois
Erreurs de droit: c'est précisément
ce que l'agent des Douanes Pierre-Frank Joly a plaidé jeudi
devant la Cour d'appel de Chambéry, l'invitant à casser ces
deux jugements et à condamner à de lourdes amendes les Genevois.
Argument majeur avancé par le représentant des Douanes dont
le plaidoyer a été soutenu par l'avocat général
de la Cour: l'organisation douanière s'est adaptée aux nouvelles
exigences du commerce international qui n'ont plus rien à voir avec
l'époque où les zones franches ont été établies
lors de l'entrée de Genève dans la Confédération
(1815) ou même lors de l'arrêt de la Cour de La Haye (1932)
imposant à la France de ne pas effectuer de contrôles douaniers
à l'intérieur de la zone.
Cette adaptation aux réalités économiques
s'est faite sur la base d'une convention entre la France et la Suisse instituant
des bureaux de contrôle nationaux juxtaposés, comme à
Bardonnex (en pleine zone franche!). L'arrêt de La Haye? Caduc, puisqu'il
faisait valoir ses effets «tant que pas modifié par l'accord
des parties». Or, accord franco-suisse il y a désormais. Partant,
la présence de douaniers français en zone franche n'est pas
(plus) prohibée.
250 interpellations
Au passage, l'agent des douanes apporte des précisions
sur les interpellations de propriétaires de résidences dites
secondaires en France. Interpellations qui ne doivent rien au hasard, reconnaît-il.
Et elles ne sont pas rares: quelque 250 par année à la frontière
franco-genevoise. Sont visés les «Genevois» soupçonnés
de passer plus de 185 jours par année dans leur pied-à-terre
français, limite au-delà de laquelle la résidence
devient principale, avec toutes les obligations légales que cela
implique, à commencer par la TVA sur les voitures!
En face, Me Bastid et Benoist, avocats des résidents
genevois interpellés, dénoncent «les conditions épouvantables»
des verbalisations. Ils estiment «fantaisiste» l'interprétation
des traités historiques par les Douanes. Juridiquement, les douaniers
n'ont pas à se trouver en zone franche. Et de demander la confirmation
des jugements de première instance.
La Cour d'appel s'accorde deux mois de réflexion
avant de statuer. L'enjeu est énorme; il se chiffre en centaines
de millions d'euros selon la défense. De quoi peser sur le verdict.
«Mon client est persécuté!»
Un des dossiers jugés en appel jeudi traduit
la fermeté de l'administration française des Douanes: celle-ci
a saisi (et détient toujours) pas moins de trois véhicules
immatriculés, à Genève, au nom d'un chauffeur de taxi
domicilié dans la Cité de Calvin et propriétaire d'une
résidence à Valleiry!
Ses démêlés avec les Douanes
dépassent tout ce que l'on peut imaginer. «Il est persécuté»,
s'est exclamé son avocat, Me Jean-Pierre Benoist. Son premier
véhicule est saisi suite à une interpellation, en août
2001, sur le territoire de Valleiry. Il signe un procès-verbal stipulant
que sa résidence secondaire est en réalité sa résidence
principale.
«Je l'ai fait sous la contrainte. On me menaçait
de me garder 48 heures.» En 2004, c'est à l'aéroport
de Satolas qu'il est interpellé alors qu'il va chercher un client.
Il est soumis à un nouvel interrogatoire poussé, sans possibilité
d'avertir ses proches. Il n'est relâché que le lendemain.
«Ils ne s'intéressaient qu'à une chose: me faire «avouer»
que ma maison de Valleiry est une résidence principale.»
Pour couronner le tout, son fils est interpellé
par les douaniers, en juin dernier à Saint-Julien, au volant d'un
véhicule immatriculé au nom de son père. Troisième
voiture saisie, et avec elle l'accordéon, récemment acheté
5200 francs, qui se trouvait à l'intérieur: le fils sortait
d'une répétition du groupe folklorique portugais auquel il
appartient et dont son père est un des piliers.
Payer la TVA
La semaine passée, la famille aux trois voitures
saisies a reçu une invitation à régler la dernière
affaire en payant la TVA: 670 euros pour l'accordéon, 200 euros
pour la voiture, et 170 euros d'amende et de frais. «Sur le moment,
on se dit: j'aurais peut-être avantage à régler la
facture pour m'éviter des ennuis. Mais payer voudrait dire: ma résidence
secondaire est une habitation principale déguisée. Ils n'attendent
que ça», commente le chauffeur de taxi qui a comparu au Palais
de justice de Chambéry. (me)
La justice française rétablit les
douaniers à la frontière
La Cour
d'appel de Chambéry réforme un jugement du Tribunal de
Saint-Julien
qui chassait les gabelous hors de la zone franche.
par MICHEL EGGS,
Chambéry
Vous habitez officiellement en Suisse mais disposez d'une résidence secondaire en France voisine, dans laquelle vous passez plus de 185 jours par an? Un bon conseil: ne passez pas la frontière avec un véhicule immatriculé à Genève. Et si vous faites partie des quelque 250 personnes interpellées chaque année, à la frontière franco-genevoise, au volant d'une «voiture suisse», acceptez de transiger. Telle est la leçon de l'arrêt, rendu hier par la Cour d'appel de Chambéry, qui a lourdement condamné deux Genevois pinces lors de «contrôles inopinés».Reconnus coupables d'importation de marchandise non déclarée Qes voitures), ils doivent payer une amende douanière de 1500 euros (2370 francs) chacun; de plus, ils peuvent faire une croix sur la voiture qui leur a été confisquée (une Mercedes pour l'un) ou payer une somme équivalent à la valeur du véhicule au volant duquel ils ont été interpellés. Ainsi, un haut fonctionnaire devra débourser 20 000 euros (31600 francs) et un chauffeur de taxi 5000 euros (7900) pour une vieille voiture saisie en plus de sa Mercedes.
Saint-Julien a tout faux
Les deux Genevois avaient pourtant obtenu gain de
cause, en première instance, devant le Tribunal de police de Saint-Julien.
Les deux jugements prononcés par cette instance avaient ébranlé
l'administration française. Pensez donc: se fondant sur l'Histoire
- les Traités de Paris de 1815 et de Turin de 1816 instaurant les
zones franches, ainsi que le jugement de la Cour permanente de justice
internationale de La Haye du 7 juin 1932 réglant un différend
entre la Suisse et la France -, le Tribunal de Saint-Julien avait littéralement
chassé les douaniers hors des zones franches: il déclarait
illégal tout contrôle douanier dans la zone franche entourant
Genève et interdisait la perception de la TVA (taxe sur la valeur
ajoutée) à l'intérieur de ce périmètre.
Saisie par les Douanes, la Cour d'appel de Chambéry a rendu
son verdict hier: les juges réforment l'arrêt du Tribunal
de Saint-Julien, donnant raison sur toute la ligne à l'argumentation
des Douanes.
Accords franco-suisses
La position
de la Cour de Chambéry était particulièrement
attendue sur trois points: l'interprétation de l'Histoire, la perception
de la TVA par les douaniers, et la notion de résidence principale
(voir ci-contre). Sur le premier, les juges insistent sur la volonté
conjointe de Paris et de Berne de «modifier l'organisation des contrôles
douaniers imposés à la France par la Cour permanente de justice
internationale, en vue de favoriser la fluidité du trafic de personnes
et de marchandises».
Ils soulignent que divers ac cords, pour faciliter
les échanges de marchandises et de personnes, tout en conservant
des contrôles douaniers efficaces, ont ramené, en zone franche,
la ligne douanière française à la frontière
politique. Il n'est, dès lors, nullement interdit aux agents des
douanes d'œuvrer en zone franche.
A propos de la TVA, la Cour estime qu'elle ne s'analyse
pas en une taxe d'effet équivalent à une taxe douanière,
dans la mesure où elle ne constitue pas un droit unilatéralement
imposé frappant spécifiquement les importations. Le code
des impôts faisant des Douanes l'administration compétente
pour la perception de la TVA à l'importation, les contrôles
opérés par les gabelous en zone franche sont donc compatibles
avec l'arrêt de la Cour de La Haye. Dès lors que des agents
des douanes ont constaté que les Genevois poursuivis résidaient
en zone franche, il leur appartenait de percevoir à leur encontre
la TVA se rapportant aux véhicules importés sans déclaration,
soit 19,6% de leur valeur.
En prenant connaissance du jugement, le représentant
des Douanes ne cachait pas sa satisfaction, hier à Chambéry,
même s'il s'attendait à cette issue «conforme à
l'évolution du commerce international qui n'a plus rien à
voir avec la situation de 1815». Les Genevois condamnés peuvent,
quant à eux, se pourvoir en cassation. Mais on voit mal la justice
française donner tort à l'administration des Douanes et priver
l'Etat de taxes qui se chiffrent en centaines de millions de francs.
Une résidence secondaire est limitée à 185 jours par an
«Les factures
d'électricité et de téléphone libellées
à son nom attestent de consommations régulières et
parfaitement compatibles avec celles d'une résidence principale,
et témoignent d'une présence très régulière»,
note la Cour à propos du haut fonctionnaire interpellé, le
30 avril 2003 au point de passage du Pas-de-l'Echelle (Etrembières),
alors que cette personne se rendait dans sa résidence secondaire,
au volant de sa voiture immatriculée à Genève où
elle réside officiellement.
La Cour rappelle que
la fréquentation d'une résidence secondaire est limitée
à 185 jours par an.
Au-delà, on
est en présence d'une résidence principale «déguisée»
en secondaire.
Lors de l'audience
à Chambéry, l'agent des Douanes n'a pas caché que
certains contrôles n'ont rien d'aléatoire.
Et ils ne sont pas
rares: il y a pratiquement une personne interpellée par jour ouvrable
au volant de sa voiture portant plaque genevoise.
Avis aux propriétaires de pied-à-terre
français qui en ont fait leur résidence de fait! (me)
RÉGIONS: Et
si Genève était appelée
à devenir le centre d'une métropole
française?
Luis Lema
GENEVE/FRANCE VOISINE. Paris a décidé
de hisser l'agglomération genevoise au rang des métropoles
que la France veut soutenir pour leur donner un rayonnement européen.
Ce qui ouvre de nouvelles portes au cofinancement de projets communs.
Il est des petits plaisirs qu'on ne se refuse pas.
Des deux côtés de la frontière franco-genevoise, on
se passait hier par courrier électronique un article du Monde tombé
à point nommé. «Entre France et Suisse, la naissance
d'une agglomération transfrontalière»: un titre particulièrement
réconfortant alors que la question des frontaliers a été
happée, à Genève, par la campagne électorale.
Une décision inhabituelle
En réalité, l'article du Monde fait
référence à une nouvelle remontant au 9 août
dernier, mais passée jusqu'ici inaperçue. Confirmée
depuis lors par un courrier du ministre de l'Intérieur, Nicolas
Sarkozy, c'était pourtant une décision inhabituelle: hisser
«la métropole franco-valdo-genevoise» au rang des quinze
métropoles françaises que Paris s'est donné pour tâche
de soutenir activement, afin d'assurer «leur rayonnement européen».
La France part d'un constat: ses villes de taille
moyenne, disséminées sur un territoire plus vaste, n'ont
pas le moyen de rivaliser avec leurs voisines européennes. Il s'agit
donc de favoriser leur développement dans une logique de «fonctionnement
métropolitain».
«Une excellente nouvelle»
Certes, d'autres métropoles choisies par
le Ministère de l'intérieur ont aussi un caractère
transfrontalier, à l'instar de la région de Strasbourg. Mais
il s'agit de la seule dont le centre, en l'occurrence Genève, se
situe hors du territoire français. «Etant donné cette
caractéristique, nous avions quelques craintes», reconnaît
le conseiller d'Etat genevois Laurent Moutinot, qui a porté
le dossier avec le maire d'Annemasse, Robert Borrel. «Mais
au final, c'est une excellente nouvelle.»
Cette victoire s'accompagne pour le projet franco-suisse
d'une enveloppe de près de 130 000 euros. Un montant qui servira,
d'ici à 2007, à présenter des projets qui, à
leur tour, pourraient être financés en partie par l'Etat français.
«Ce qui nous intéresse, c'est de progresser en matière
d'intégration. Nous ne voulons pas être placés devant
un catalogue de projets, mais au contraire face à des stratégies
cohérentes pour augmenter l'attractivité des agglomérations.
Dans ce cas précis, le fait que le centre de gravité soit
en Suisse ne nous pose pas de problème particulier», explique
Jean
Benoît Albertini, directeur à la Délégation
à l'aménagement du territoire et à l'action régionale
(Datar), à Paris. Le directeur cite comme exemples l'établissement
de liaisons à grande vitesse, des projets universitaires ou des
équipements culturels.
Diverses collaborations
Des deux côtés de la frontière,
on confirme que cette initiative n'a de sens que si elle débouche
sur des projets concrets. Laurent Moutinot: «On pourrait envisager,
par exemple, une collaboration dans la formation du personnel soignant.
Avec la mise en commun d'une école professionnelle, ou avec une
compensation financière de Genève pour les infirmières
formées en France voisine.» Robert Borrel: «En matière
de logement, mon ambition est de parvenir à une politique foncière
commune. Nous devrions être capables d'anticiper le développement
régional et d'acheter par exemple des terrains ensemble, en vue
d'une utilisation particulière.» Pour le maire d'Annemasse,
l'affaire est entendue: «Nous devons aboutir à la formation
d'un territoire cohérent qui devrait dessiner notre avenir pour
les vingt prochaines années.»
L'acceptation par Paris de ce projet métropolitain
est jugée d'autant plus bienvenue qu'elle coïncide avec des
attentes similaires du côté de Berne. Voilà près
d'une année qu'une petite équipe franco-suisse planche en
effet sur un projet d'agglomération franco-valdo-genevoise. «Cela
nous permet de travailler désormais sur un projet global, dans sa
totalité, y compris du côté français»,
s'enthousiasme Frédéric Jocelyn, chargé de
mission au sein de l'équipe. Dans l'immédiat, note-t-il,
il s'agit «de faire comprendre à la population qu'elle partage
un même bassin de vie, fort de 730 000 membres».
La peur du 25 septembre
«Nous sommes tous sur le même bateau»,
enchaîne Laurent Moutinot, en se montrant persuadé que la
polémique actuelle à propos des frontaliers n'affectera pas
une réalité régionale déjà largement
entrée dans les faits. «Soit nous nous mettons tous d'accord
intelligemment, soit c'est le désordre intégral et nous sortons
tous perdants.» A Annemasse, Robert Borrel prend encore moins de
gants: «Je suis effrayé par certains discours que j'entends
aujourd'hui en Suisse. Cette sorte d'hostilité envers ce qui n'est
pas suisse nous apporte des réminiscences de temps que l'on croyait
totalement révolus.»
© Le Temps. Droits de reproduction et de diffusion réservés. www.letemps.ch
Entre France et Suisse,
la naissance d'une agglomération transfrontalière
Sophie Landrin
C'est une nouvelle étape de la
coopération franco-suisse: la délégation à
l'aménagement du territoire et à l'action régionale
(Datar) vient de retenir le projet de métropolisation "franco-valdo-genevoise".
Le dossier, porté par l'Association régionale de coopération
(ARC), présidée par le maire (PS) d'Annemasse (Haute-Savoie),
Robert
Borrel, et par Laurent Moutinot (PSG), conseiller d'Etat genevois,
regroupe 111 communes françaises, les cantons de Genève et
de Vaud, les départements de Haute-Savoie, de l'Ain et la région
Rhône-Alpes, soit un bassin de 730 000 habitants.
L'objectif de l'association est de mettre
sur pied une véritable agglomération transfrontalière,
capable de mener un plan global de développement, compétente
en matière de transports, d'urbanisme, de logement, d'économie,
de formation, de santé, d'environnement et de culture. Il y a urgence!
EN FORTE CROISSANCE
Chaque année, le nombre de frontaliers,
ces résidents français travaillant en Suisse, ne cesse de
croître. La Haute-Savoie et l'Ain comptent 41 000 frontaliers actifs
alors qu'ils étaient à peine 2 000 en 1963. Dans la seule
agglomération d'Annemasse, 15 000 habitants sur 60 000 prennent
chaque jour le chemin de Genève et 11 000 celui du canton de Vaud.
Au total, la France dénombre autour de 75 000 frontaliers chez nos
voisins suisses, en comptant aussi les binationaux qui vivent en France
et travaillent en Suisse ainsi que les fonctionnaires internationaux. Depuis
1998, le mouvement ne cesse de s'amplifier: + 10,3 % en 2003, 15,1 % en
2004.
Longtemps, la porte de ce paradis suisse
fut réservée à ceux qui avaient décroché
un permis de travail, délivré au compte-gouttes en période
de chômage. L'employeur suisse devait faire la démonstration
auprès des autorités qu'il n'avait pas réussi à
trouver un candidat helvète. L'employé français avait
l'obligation de rester au moins deux ans dans la même entreprise.
Depuis le 1er juin 2002, la situation
s'est simplifiée, avec l'entrée en vigueur progressive des
accords bilatéraux signés entre la Suisse et l'Union européenne,
qui ont instauré le principe de libre circulation des personnes
et des biens. Depuis le 1er juin 2004, la priorité donnée
aux résidents suisses a été abolie. Désormais,
les frontaliers détenteurs d'un contrat de travail bénéficient
automatiquement d'un permis de travail. Les contingents n'ont été
maintenus jusqu'en 2007 que pour les autres ressortissants européens
hors de la zone frontalière.
RETOMBÉES CONSIDÉRABLES
Pour les départements français
limitrophes, les retombées économiques de cette proximité
avec la Suisse sont considérables. L'évolution démographique
en témoigne: entre 2002 et 2003, la population a augmenté
dans la région franco-valdo-genevoise de 1,2 % alors que la progression
moyenne en France ne dépassait pas 0,5 %, et en Rhône-Alpes
0,8 %.
La Haute-Savoie gagnait plus de 8 000
habitants en 2002 et l'Ain plus de 6 000. Le taux de chômage est
particulièrement bas dans l'Ain et la Haute-Savoie comparé
au reste de la France.
Mais la proximité de cet eldorado
n'a pas que d'heureuses conséquences. Cela se traduit aussi par
une hausse démesurée des prix de l'immobilier, par une raréfaction
de la main-d'oeuvre, en particulier dans l'horlogerie ou la santé,
où la difficulté à recruter des infirmières
est patente, la restauration, le bâtiment, ou encore par un taux
de délinquance élevé.
"Nous avons des besoins d'emplois, reconnaît
Christian
Dupessey, adjoint au maire d'Annemasse chargé des relations
extérieures. Ici, il y a un problème de fidélisation
des salariés. Des gens viennent quelques mois puis passent en Suisse.
Nos écoles forment des infirmières - nous avons doublé
notre promotion - qui ensuite partent travailler de l'autre côté
de la frontière."
Pour les collectivités locales,
la coexistence de ces deux catégories de travailleurs, les frontaliers
et les travailleurs locaux, génère des problèmes d'équilibres
sociaux. "Vivre avec le smic en Corrèze, c'est difficile, ici c'est
pratiquement impossible. Pour éviter que s'instaure une société
à deux vitesses, la commune d'Annemasse consacre 18 % de son budget
de fonctionnement au social. Nous avons 22 % de logements aidés,
et pour la première fois les autres communes de l'agglomération
ont accepté également de produire du logement social", poursuit
M. Dupessey. La commune doit supporter également des flux routiers
considérables. Entre 70 000 et 90 000 personnes passent chaque jour
la frontière. A Annemasse, passent, chaque jour, 50 000 véhicules
en transit.
"Il ne faut pas laisser penser que les
frontaliers sont un poids pour les communes, tempère Jean-François
Besson, un responsable du Groupement des frontaliers, une association
d'entraide créée en 1963. Pour compenser, par exemple, le
fait que les Français ne sont pas imposés en France sur le
revenu, les cantons suisses rétrocèdent aux départements
français 3,5 % de la masse salariale des frontaliers et les départements
en redistribuent 60 % aux communes au prorata du nombre d'habitants frontaliers."
Comme la France, la Confédération
helvétique est favorable à un renforcement de la coopération
et appuie le projet d'agglomération. D'ici à 2007, les démarches
franco-suisses devraient déboucher sur la signature d'un contrat
de métropolisation et générer des financements. Les
Suisses et les Français en sont convaincus: Genève constitue
bien le coeur de ce bassin, la deuxième agglomération économique
de Rhône-Alpes après Lyon.
Coincé à la douane pour cabotage interdit
Un père aide sa fille à déménager
en France. Sone camion est suisse. Amendé.
"Vous
n'aviez pas le droit. Vous ariez pu l'aider à déménager
de Genève à Gaillard,
mais
pas de Gaillard à La Roche-sur-Foron", le douanier français
Michel Eggs
Sa mésaventure à la douane de Bardonnex,
un père de famille domicilié dans le canton de Fribourg n’est
pas près de l’oublier. Venu donner un coup de main à sa fille
contrainte de déménager ses affaires d’un studio à
Gaillard jusqu’au domicile de sa sœur à La Roche-sur-Foron, il a
été interpellé à la douane française
alors qu’il rentrait en Suisse. Sanction: une amende qui lui reste en travers
de la gorge mais que le douanier, certes un brin zélé, était
parfaitement en droit d’infliger, aussi bizarre que cela puisse paraître.
Une jeune chômeuse, binationale franco-suisse,
doit quitter le studio qu’elle loue dans l’agglomération annemassienne.
Comme elle ne roule pas sur l’or, elle sollicite son père, propriétaire
d’un camion immatriculé à Fribourg, pour déménager
ses affaires personnelles que sa sœur accepte d’entreposer dans le logement
qu’elle occupe à La Roche-sur-Foron, à quelques kilomètres
de Gaillard.
L’opération est rapidement réalisée,
un samedi de janvier. Le père débarque avec son véhicule,
charge un lit à une place, un fauteuil, un clic-clac, une table,
deux chaises, une étagère, des vêtements et un peu
de vaisselle, et transporte le tout à La Roche avant de reprendre
le chemin de la Suisse, dans son camion vide.
«Vous n’aviez pas le droit!»
Passé inaperçu à l’aller, le
véhicule de notre compatriote intrigue, lors du retour, un douanier
français en poste à Bardonnex. Interrogé sur sa provenance,
le père déménageur parle du coup de pouce donné
à sa fille. Réplique du douanier: «Vous n’aviez pas
le droit. Vous auriez pu l’aider à déménager avec
votre camion de Genève à Gaillard, mais pas de Gaillard à
La
Roche-sur-Foron.» Et d’expliquer que le Fribourgeois aurait été
refoulé s’il avait annoncé le but de son déplacement
en France au moment de franchir la frontière. Comme le déménagement
a été réalisé, il y a eu infraction que le
douanier propose de régler à l’amiable, sous la forme d’une
amende de 150 euros.
Eberlué et impressionné par la détermination
du douanier, le déménageur d’un jour paie; non sans rentrer
au pays avec un sentiment d’injustice.
Abus d’autorité de la part du douanier français?
S’il y a eu abus, c’est de zèle uniquement. Formellement, en effet,
le déménageur s’est rendu coupable de détournement
de marchandise non prohibée (le véhicule) de sa destination
privilégiée.
Explication: lorsqu’une personne entre, au volant
d’un véhicule immatriculé en Suisse, sur le territoire français
ou de tout autre Etat membre de l’Union européenne, elle bénéficie
d’une importation en franchise temporaire. Mais, pour cela, le véhicule
concerné ne doit être utilisé qu’à des fins
touristiques. Tout autre usage constitue un «détournement
de destination
privilégiée».
Bilatérales
En aidant sa fille, le père a fait du cabotage,
transportant des marchandises d’un point à un autre de l’Hexagone.
Or, le droit au cabotage, Berne ne l’a négocié dans les accords
bilatéraux avec l’Union européenne que pour le transport
aérien, pour les beaux yeux de Swissair à l’époque.
Pour effectuer un transport entre Gaillard et La
Roche-sur-Foron, il faut soit opérer avec un véhicule immatriculé
dans un pays de l’UE, soit obtenir une autorisation préalable délivrée
par la direction de l’Equipement!
A la direction des Douanes du Léman, on admet
que le «dépannage» réalisé par le père
de la chômeuse n’est pas de nature à déstabiliser la
filière transport. Si le propriétaire du camion helvétique,
manifestement de bonne foi, se fend d’une lettre expliquant la situation,
il a des chances de voir les Douanes reconsidérer la sanction prise.
Reste que, tant que la Suisse
continue à bouder l’UE, le passage de la frontière est
soumis à des règles que les usagers ont intérêt
à connaître s’ils veulent éviter des mésaventures
de ce type…
Tribune de Genève
27 février 2006
Cabotage? Mon oeil!
(Coincé à la douane pour avoir aidé sa fille à
déménager en France, TdG 18-19.2.06)
Anton Keller
Elle n'est certes pas porteuse de revenus supplémentaires,
de visions et d'espoir, cette nouvelle preuve de méconnaissance
ou mépris des racines, des coutumes et du droit formel dans notre
voisinage frontalier (même selon les règles de l'UE, il peut
y avoir cabotage seulement "pour compte d’autrui": www.solami.com/cabotage.htm).
Et depuis le vote des français sur la Constitution européenne,
nous continuons notre ronron sur une route dangereusement glissante. Reste
à espérer que cette amende de 150 euro pour un délit
inexistant servira à reveiller nos dirigeants ici et là pour
redécouvrir en temps les zones franches et leur véritable
portée et potentiel pour l'économie de la France toute entière,
ainsi que pour l'avenir de Genève notamment (.../regiogenevensis.htm).
Car depuis 1603, contre vents et marées, des Genevois méritants
ont su garder en vigueur des traités internationaux qui préconisent
qu'il existe à Genève et dans ses zones voisines la liberté
de commerce intégrale (.../zonesfranches.htm).
Dans un Europe en manque de légitimation
démocratique, saturée des règlements étouffants,
et en perte de vitesse, les investisseurs des technologies du futur pourraient
donc trouver dans cette "Silicon Valley d'Europe" toutes les libertés
nécessaires pour leur épanouissement et réussite (.../a2.htm).
Sources de richesses pour les individuels, entreprises et communes concernés,
ces anciennes libertés ont été sauvées de justesse
par le vote français contre la Constitution européenne. Car
le Traité de Rome de 1957 est donc maintenu, et selon un
de ces articles clés, ces anciens traités et libertés
priment, nonobstant tous contraires diktats de Bruxelles. A condition,
bien sûr, qu'à Genève, Bercy et ailleurs, les visionnaires
et les iconoclastes ne soient pas écartés par les adepts
du "politiquement correct."
M. COTTE président,
REPUBLIQUE FRANÇAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS
LA COUR DE CASSATION, CHAMBRE CRIMINELLE, en son audience publique tenue au Palais de Justice à PARIS, le quatre mai deux mille six, a rendu l'arrêt suivant:
Sur le rapport de M. le conseiller référendaire SOULARD, les observations de la société civile professionnelle BORÉ et SALVE de BRUNETON, avocat en la Cour et les conclusions de M. l'avocat général DAVENAS;
Statuant sur le pourvoi formé par:
xy
contre l'arrêt de la cour d'appel de CHAMBÉRY,
chambre correctionnelle, en date du 21 juillet 2005, qui, pour importation
sans déclaration de marchandises non prohibées ou fortement
taxées, l'a condamnée à des pénalités
douanière;
Vu le mémoire personnel en demande et le mémoire en défense produits;
Attendu qu'il résulte da l'arrêt attaqué que, le 30 avril 2003, les agents des douanes ont procédé au contrôle, à son entrée en France, d'un véhicule immatriculé en Suisse conduit par xy; que cette dernière ayant déclaré qu'elle n'avait pas accompli les formalités de dédouanement de son véhicule bien qu'elle résidât en France cinq jours par semaine, les agents des douanes lui ont signifié l'infraction d'importation sans déclaration de marchandises fortement taxées et ont saisi le véhicule; que xy est poursuivie pour importation sans déclaration de marchandises non prohibées ou fortement taxées;
En cet état:
Sur le premier moyen de cassation, pris de la violation des articles 9, 591 et 593 du code de procédure pénale et 351 du code des douanes;
Attendu que, contrairement à ce que soutient le moyen, il résulte de l'article 351 du code des douanes que l'action de l'administration des Douanes en répression des contraventions douanières se prescrit dans un délai de 3 ans;
Qu'il s'ensuit que ledit moyen doit être écarté;
Sur le deuxième moyen de cassation, pris de la violation des articles 6.3 de la Convention européenne des droits de l'homme, 325 et 338 du code des douanes, 591 et 593 du code de procédure pénale;
Sur le troisième moyen de cassation, pris de la violation des articles 325 et 338 du code des douanes, 591 et 593 du code de procédure pénale;
Les moyens étant réunis;
Attendu que, pour écarter l'exception de nullité du procès-verbal de saisie du véhicule tirée de ce que xy n'aurait pas été informée de la cause de cette saisie et ne sa serait pas vu offrir la mainlevée prévue à l'article 326 du code des douanes, l'arrêt énonce que, d'une part, la saisie du véhicule repose sur la constatation d'une importation sans déclaration et que, d'autre part, l'article 326 du code des douanes, qui vise les moyens de transport, ne s'applique pas lorsque le véhicule est lui-même l'objet de la fraude;
Attendu qu'en statuant ainsi, et dès lors qu'il résulte des articles 323 et 412 du code des douanes que les agents des douanes peuvent saisir une marchandise qui a fait l'objet d'une importation sans déclaration, même lorsque cette marchandise n'est pas fortement taxée, là cour d'appel a fait l'exacte application des articles 325 et 326 du code des douanes sans méconnaître les dispositions conventionnelles invoquées;
Qu'il s'ensuit que les moyens ne peuvent être accueillis;
Sur le quatrième moyen de cassation, pris de la. violation des dispositions du protocole des conférences de Paris du 3 novembre 1815, du traité de Paris du 20 novembre 1875, du traité de Turin du 16 mars 1816 et des articles 591 et 593 du code de procédure pénale;
Sur le cinquième moyen de cassation, pris de la violation de l'article 7 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 112-1 du code pénal;
Les moyens étant réunis;
Attendu que la demanderesse ne saurait faire grief à l'arrêt d'avoir jugé qu'un véhicule importé de Suisse par une personne qui réside dans la zone franche existant en Haute-Savoie est soumis à la TVA, dès lors que, selon l'article 1er de la loi du 27 décembre 1933, non contraire aux dispositions conventionnelles invoquées, la franchise ne s'applique pas aux impôts recouvrés à l'occasion de la consommation de marchandises;
Qu'ainsi les moyens doivent être écartés;
Sur le sixième moyen de cassation, pris de la violation des articles 336 du code des douanes, 591 et 533 du code de procédure pénale;
Attendu que, pour juger que xy possède la qualité de résidante française et qu'elle ne peut ainsi bénéficier du régime de l'importation en franchise temporaire des moyens de transport, l'arrêt relève qu'elle a reconnu par procès-verbal avoir passé plus de 220 jours par an en France au cours des deux années ayant précédé le contrôle et que ces déclarations, dont il n'est pas prouvé qu'elles soient inexactes ou non sincères, sont confortées par les factures de téléphone et d'électricité produites aux débats;
Attendu qu'en état de ces motifs, relevant de son appréciation souveraine, la cour d'appel a justifié sa décision;
D'où il suit que le moyen doit être écarte;
Et attendu que l'arrêt est régulier en la forme;
REJETTE le pourvoi;
Ainsi jugé et prononcé par la Cour de cassation, chambre criminelle, en son audience publique, les jour, mois et an que dessus;
Etalant présente aux débats et au délibéré: M. Cotte président, M. Soulard conseiller rapporteur, MM. Challe, Dulin, Mmes Thin, Desgrange, MM. Rognon, Chanut, Mmes Nooquet, Ract-Madoux, Radenne conseillers de la chambre, M. Lemoine, Mme Degorce conseillers référendaires;
Avocat général: M. Davenas;
Greffier de chambre: Mme Lambert;
En foi de quoi le présent arrêt a été signé par le président, le rapporteur et le greffier de chambre.
[note du rédacteur: d'après son conseiller, la demanderesse envisage de porter le cas devant la Commission des droits de l'homme à Strasbourg]
Gare aux plaques suisses et aux résidences secondcaires
Justice Une fonctionnaire genevoise perd son bras de fer
contre les douanes françaises.
MICHEL EGGS
Les douaniers français reviennent au galop! Le beau rêve d'une région transfrontalière bénéficiant d'une libre circulation des marchandises, sans perception de la TVA, s'est brisé.
LUCIEN FORTUNATI/Z
FEVRIER 2005
«Chassés» hors de la zone franche
par un jugement du Tribunal de police de Saint-Julien-en-Genevois, les
douaniers français reviennent au galop. Et le beau rêve d'une
région transfrontalière bénéficiant d'une libre
circulation totale des marchandises, sans perception de la TVA, s'est brisé:
la Cour de cassation, instance juridique suprême en France, n'a pas
eu la même lecture de l'histoire et du droit que «la petite
juge de Saint-Julien», dont l'arrêt de
janvier 2005 (voir ci-contre) avait eu l'effet d'un coup de tonnerre
dans le paysage douanier et fiscal.
La Cour de cassation a rejeté
le pourvoi d'une fonctionnaire genevoise engagée dans un bras
de fer avec les douanes françaises qui ont sanctionné le
fait qu'elle circule dans l'Hexagone avec des plaques suisses, c'est-à-dire
dans un véhicule non dédouané.
Après avoir écarté les arguments
de forme (il n'y a pas prescription et le procès-verbal de saisie
du véhicule n'est pas entaché de nullité), la Cour
de cassation a abordé les questions de fond: portée des Traités
historiques, perception de la TVA. par les douaniers et notion de résidence
«secondaire».
La Cour suit en tout point l'argumentation de l'instance
d'appel de Chambéry, dont l'arrêt fait désormais jurisprudence.
Elle relève que le fait de soumettre à
la TVA un véhicule importé de Suisse par une personne résidant
dans la zone franche haut-savoyarde n'est pas contraire à la loi
de 1933, elle-même respectueuse des traités de Paris et de
Turin. Les juges soulignent que la franchise (exonération de taxe)
liée à la zone ne s'applique pas aux impôts recouvrés
à l'occasion de la consommation de marchandises.
Davantage que sur le droit de l'Etat français
de percevoir, à la frontière politique, par l'intermédiaire
de douaniers, des droits fiscaux, les juges insistent sur l'utilisation
du logement français de la fonctionnaire.
Analyse des factures d'électricité
et de téléphone à l'appui, ils affirment que la Genevoise
possède la qualité de résidente française;
ayant reconnu avoir passé plus de 220 jours par an dans son logement
haut-savoyard (ndlr la limite est de 185 jours pour une résidence
secondaire), elle ne peut bénéficier du régime de
l'importation en franchise temporaire des moyens de transport comme un
touriste se rendant occasionnellement en France.
Chauffeur de taxi dans le collimateur
La Cour de cassation jugera ultérieurement le pourvoi, pratiquement
similaire, d'un chauffeur de taxi genevois dont plusieurs véhicules
ont été saisis par les douanes alors qu'il se rendait dans
sa résidence à Valleiry ou en revenait.
[note du rédacteur: d'après
son conseiller, la demanderesse envisage de porter le cas devant la Commission
des droits de l'homme à Strasbourg]
- 1815: le Traité de Paris établit la
zone franche du Pays-dé-Gex (392km).
- 1816: le Traité de Turin instaure la zone
franche de la Haute-Savoie (151 km).
- 1932: la Cour permanente de justice internationale
de La Haye condamne la France pour non-respect des zones prévues
par les traités de 1815 et 1816.
- 1933: la France, contrainte de rétablir
ces zones, adopte une loi spécifiant que demeurent perçus
dans les zones franches
les impôts de toutes sortes recouverts à l'occasion de
la consommation de marchandises.
- Avril 2003: une fonctionnaire genevoise, propriétaire
d'une résidence dans la zone franche haut-savoyarde, est verbalisée
au point de passage du Pas de l'Echelle, à Etrembières,
au volant de sa voiture immatriculée à Genève. Elle
est poursuivie pour importation sans déclaration de marchandise
fortement taxée, les Douanes estimant que la propriété
de la fonctionnaire est une résidence principale «déguisée»
en secondaire.
- Janvier 2005: le Tribunal de police de Saint-Julien-en-Genevois
relaxe la Genevoise, estimant que la verbalisation viole les dispositions
du Traité de Turin.
- Juillet 2005: la Cour d'appel de Chambéry
réforme le jugement du Tribunal de Saint-Julien et condamne la fonctionnaire
genevoise à payer une amende douanière de 1500 francs ainsi
qu'une somme de 20 000 euros correspondant à la valeur estimée
du véhicule «importé sans déclaration».
- Mai 2006: la Cour de cassation,
instance suprême, rejette le pourvoi de la Genevoise. Confirmé,
l'arrêt de la Cour d'appel de Chambéry devient définitif.
(me)
Demand from Geneva residents for property in neighbouring France is driving up house prices and inflaming local passions, according to a French parliamentarian. Claude Birraux, deputy for the department of Haute:Savoie, says the Swiss city's chronic housing shortage is to blame and he has called on the cantonal authorities to act.
Since 2004 Swiss citizens have not required a residency permit to live in France, under a series of bilateral accords signed two years earlier between Switzerland and the European Union. This, coupled with the attraction of lower property prices and a cheaper standard of living, has proved irresistible for many Geneva residents. But Birraux claims the influx has driven up prices on the French side of the border to such an extent that many homes are now beyond the reach of locals who are being forced out of the area. "This has put very strong pressure on the cost of land, apartments and homes, and today the difficulty for us is to find homes in France for people working on French salaries," he told swissinfo. "Young people can no longer buy flats because they're too expensive, but what is too expensive for us is still 40 per cent cheaper than in Geneva. People are starting to get frustrated."
"Swiss factor"
According to Franklin Vallat, manager of Annecy:based Vallat Real Estate,
property prices in some areas have doubled in recent years thanks to what
he describes as the "Swiss factor". He said many Geneva residents anticipated
the changes under the bilateral accords and started snapping up land and
property in 2000.
In conjunction with the general rise in the French housing market, this has helped push prices in residential hotspots up from SFr2,500 to SFr5,000 ($2,000 to $4,100) per square metre. With the market now saturated in areas like Annemasse and St Julien, Vallat forecasts that Swiss speculators will home in on the city of Annecy once a planned motorway is built. This would cut the one:hour journey time from Geneva by half.
Birraux says the authorities in Haute:Savoie have considerably upped construction of affordable housing over the past two years to make up for the shortfall but claims they still cannot satisfy demand. He believes it is high time Geneva put a rocket under its stagnant housing market to encourage more people to stay in the city rather than move to France. "We need to face up to the problem and find solutions on both sides of the border. I know housing policy is changing in Geneva but we need to find a better balance," said Birraux.
High house prices
But Laurence Coudière, spokeswoman for an association representing
cross:border workers, says the French parliamentarian is wrong to blame
high house prices solely on the Swiss. "This phenomenon has been observed
right across France. It may have been more acute in Haute:Savoie, but that's
because it's always been an expensive place to live ? even before the bilateral
accords."
Coudière warned that some politicians were looking to make political capital out of the issue ahead of elections in 2007, adding that the same arguments had surfaced ahead of the bilateral accords. Her point of view is shared by Bernhard Gaud, head of an association of 17 villages on the French side of the border. "If prices have gone up... the French are just as much to blame as the Swiss," he told the Tribune de Genève newspaper.
Responding to Birraux's comments, Mark Muller, head of canton Geneva's construction department, said he had no intention of being dragged into a war of words. He too pointed out that the issue of Swiss living in France had become a political football ahead of next year's elections. But he strongly denied the charge that the Geneva authorities were not doing enough to solve the city's housing crisis. Muller pointed to an accord struck earlier this month that should see the local government invest SFr300 million in affordable homes over the next decade. "There is a strong will to construct more housing in Geneva ? it's in our interests to do so," he said.